{"id":163,"date":"2024-10-13T10:53:17","date_gmt":"2024-10-13T08:53:17","guid":{"rendered":"http:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/?p=163"},"modified":"2025-01-01T12:01:09","modified_gmt":"2025-01-01T11:01:09","slug":"la-jacqueminiere-du-chateau-au-lotissement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/?p=163","title":{"rendered":"La Jacquemini\u00e8re, du ch\u00e2teau au lotissement"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"667\" src=\"http:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Chateau-de-la-Jacqueminiere-1024x667.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-37\" srcset=\"https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Chateau-de-la-Jacqueminiere-1024x667.jpg 1024w, https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Chateau-de-la-Jacqueminiere-300x195.jpg 300w, https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Chateau-de-la-Jacqueminiere-768x500.jpg 768w, https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Chateau-de-la-Jacqueminiere-1536x1000.jpg 1536w, https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Chateau-de-la-Jacqueminiere.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le domaine de la Jacquemini\u00e8re, de plus de 300 hectares de terres et de bois, avec de nombreux \u00e9tangs, forme avec celui de Vaulxfins la limite sud du territoire de Courtenay. Initialement propri\u00e9t\u00e9 du Chapitre Cath\u00e9dral de Sens, il est acquis en propre au milieu du XVI\u00e8me si\u00e8cle par un nomm\u00e9 Jean Ferrand, premier seigneur identifi\u00e9 de la Jacquemini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce Jean Ferrand (1489 \u2013 1559) est un eccl\u00e9siastique important&nbsp;: Archidiacre du G\u00e2tinais, vicaire g\u00e9n\u00e9ral du cardinal-archev\u00eaque de Sens Louis de Bourbon-Vend\u00f4me, chanoine de Sens, prieur de Notre-Dame de Joigny, prieur de Saint-Pierre de Courtenay, il fonde plusieurs chapelles \u00e0 Joigny, sa ville de naissance d\u2019o\u00f9 est originaire sa famille&nbsp;: chapelle de la Vierge, dans le cimeti\u00e8re de l\u2019\u00e9glise Saint Andr\u00e9, H\u00f4tel-Dieu Saint Antoine qu\u2019il reconstruit, chapelle dite de \u00ab&nbsp;la coupe&nbsp;\u00bb pr\u00e8s de l\u2019H\u00f4tel-Dieu. Jean Ferrand appartient \u00e0 une famille de riches marchands de Joigny. Le plus ancien anc\u00eatre connu \u00e9tait tavernier, r\u00e9dacteur du r\u00e8glement de la Ma\u00eetrise des Bouchers et Taverniers de la ville de Joigny en 1440. Son grand p\u00e8re et son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re \u00e9taient des marchands tanneurs. Son p\u00e8re Nicolas Ferrand \u00e9tait receveur du comt\u00e9, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du bailliage de Joigny, garde du grenier \u00e0 sel de Joigny, pr\u00e9v\u00f4t de Saint Julien du Sault. C\u2019est lui qui pour la premi\u00e8re fois dans la famille, porte un titre nobiliaire&nbsp;: seigneur d\u2019Arcis, illustrant l\u2019\u00e9volution de riches roturiers vers la petite noblesse. C\u2019est probablement Jean Ferrand qui fit construire un petit ch\u00e2teau en lieu et place de la m\u00e9tairie de la Jacquemini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>A sa mort en 1559, Jean Ferrand fait donation de la seigneurie de la Jacquemini\u00e8re \u00e0 son neveu Christophe Ferrand, \u00e9cuyer, receveur du taillon \u00e0 Sens puis \u00e0 Melun.<\/p>\n\n\n\n<p>Eloign\u00e9 de Courtenay, Christophe Ferrand revend le 15 avril 1574 le domaine de la Jacquemini\u00e8re \u00e0 Louis de Lenfernat pour que celui-ci dote son fr\u00e8re Artus \u00e0 l\u2019occasion de son mariage\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>Paul Gache dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le 27 janvier 1573 Artus de Lenfernat, homme d&rsquo;armes de la compagnie du seigneur Clermont d&rsquo;Amboise, \u00e9pouse Charlotte de Saint-Phalle, une des filles de Richard, baron de Cudot et de Saint-Martin d&rsquo;Ordon. Artus de Lenfernat est fils de Jean de Lenfernat, seigneur de La Motte-Pr\u00e9noy \u00e0 Charbuy pr\u00e8s d&rsquo;Auxerre et de Michelle d&rsquo;Assigny et son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Louis de Lenfernat, pour le doter convenablement, ach\u00e8te 4500 livres La Jacquemini\u00e8re le 15 avril 1574 \u00e0 Christophe Ferrant, somme dont le reliquat de 860 livres est vers\u00e9 par Artus le 24 mars 1579. Ce sont donc les Lenfernat, ayant pour devise \u00ab <em>Qui fait bien \/&rsquo;Enfer<\/em> <em>n&rsquo;a\u00bb <\/em>, qui vont profiter pendant plus d&rsquo;un si\u00e8cle du ch\u00e2teau des Ferrand.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit, comme Artus, d&rsquo;\u00ab <em>hommes d&rsquo;armes\u00bb <\/em>dont le plus brillant a \u00e9t\u00e9 son petit fils Charles de Lenfernat, chevalier, n\u00e9 en 1602. Il participe \u00e0 la guerre de Trente ans et \u00e9pouse successivement Marguerite de Montbrun et Claude du Plessis, ayant plusieurs enfants de chacune d&rsquo;elles dont plusieurs moururent jeunes, si bien qu&rsquo;un seul des fils surv\u00e9cut, Edm\u00e9. On observe qu&rsquo;apr\u00e8s la Fronde Charles de Lenfernat parvient \u00e0 une aisance certaine parmi les vassaux du comte de Courtenay, sa deuxi\u00e8me \u00e9pouse lui ayant apport\u00e9 la seigneurie d&rsquo;Asni\u00e8res, pr\u00e8s de Champignelles. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l\u00e0 qu&rsquo;il mourut en f\u00e9vrier 1662, mais on l&rsquo;inhume, comme ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en la chapelle St L\u00e9onard de l&rsquo;\u00e9glise Saint Pierre de Courtenay. C&rsquo;est son fils Edm\u00e9 de Lenfernat, n\u00e9 en 1645, qui, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re, Claude du Plessis, en 1674, apportera une premi\u00e8re am\u00e9lioration en ch\u00e2teau de La Jacquemini\u00e8re, en faisant tracer, \u00e0 l&rsquo;Est de celui-ci, un jardin d&rsquo;agr\u00e9ment aux all\u00e9es droites se coupant \u00e0 angle droit, allant jusqu&rsquo;\u00e0 la retenue du grand \u00e9tang y alimentant des pi\u00e8ces d&rsquo;eau. Ce <em>\u00abjardin \u00e0 la fran\u00e7aise\u00bb <\/em>comme on le qualifiera plus tard passe pour avoir \u00e9t\u00e9 le plus beau de Courtenay \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0Mari\u00e9 \u00e0 Catherine Sauvat, Edm\u00e9 eut deux enfants qui lui surv\u00e9curent\u00a0: sa fille a\u00een\u00e9e Anne, n\u00e9e le 17 avril 1678 et un fils Jean Baptiste Gaston de Lenfernat (1691 \u2013 1764) seigneur d&rsquo;Asni\u00e8res, la Grange Rouge et Villars. Anne \u00e9pouse Gaston Joseph de Montigny, fils a\u00een\u00e9 de Guillaume de Montigny et Anne de Canaye. Pierre Fran\u00e7ois de Montigny, le fr\u00e8re cadet de Gaston Joseph devient seigneur de la Jacquemini\u00e8re. Il d\u00e9c\u00e8de le 10 mai 1748 \u00e0 la Jacquemini\u00e8re et est enterr\u00e9 dans la chapelle des p\u00e9nitents de Courtenay. Sans descendance, c\u2019est son neveu, Gaston de Montigny, fils d\u2019Anne Marie de Lenfernat et de Gaston Joseph de Montigny qui h\u00e9rite.<\/p>\n\n\n\n<p>Il revend le domaine \u00e0 Jean Louis Sochet, notaire \u00e0 Montcorbon. Celui-ci meurt peu apr\u00e8s cette acquisition, peut \u00eatre le 7 f\u00e9vrier 1754, \u00e0 42 ans. Sa veuve Marie Louise Thomas revend le domaine \u00e0 Jacques Gillet, conseiller du Roi en l\u2019\u00e9lection de Joigny. Celui-ci meurt le 23 avril 1764 \u00e0 54 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le domaine revient \u00e0 son plus jeune fils Louis Charles Gillet de la Jacquemini\u00e8re. Celui-ci aura une vie longue (n\u00e9 en 1752 \u00e0 Saint Julien du Sault il mourra \u00e0 Paris en 1836 \u00e0 84 ans) et une carri\u00e8re politique brillante (maire de Courtenay, d\u00e9put\u00e9 de Montargis \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e constituante, membre fondateur de la Cour des Comptes \u2026). Retenu \u00e0 Paris par ses obligations professionnelles, veuf depuis longtemps, n\u2019ayant que des filles dont les maris ont leurs propres domaines, Louis Charles Gillet de la Jacquemini\u00e8re vendra le domaine en 1826 \u00e0 Jean Quenard, notaire \u00e0 Courtenay.<\/p>\n\n\n\n<p>La fille unique de Jean Qu\u00e9nard, Aur\u00e9lie, n\u00e9e le 31 mai 1829 \u00e0 Courtenay \u00e9pouse \u00e0 Paris (12<sup>\u00e8me<\/sup> arrt ancien) le 23 Juin 1851 Alexandre \u00ab&nbsp;Edmond&nbsp;\u00bb Becquerel, professeur de physique au mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle, pr\u00e9sident de l\u2019acad\u00e9mie des sciences, fils d\u2019Antoine Becquerel de Chatillon Coligny. Le couple aura deux enfants&nbsp;: Henri Becquerel (1852 \u2013 1908) prix Nobel de physique avec Pierre et Marie Curie et Andr\u00e9 Paul Becquerel (1856 \u2013 1904), propri\u00e9taire agriculteur. Aur\u00e9lie d\u00e9c\u00e8de le 2 avril 1890 au ch\u00e2teau de la Jacquemini\u00e8re, et Edmond Becquerel le 14 mai 1891 \u00e0 Paris 5\u00e9me. La femme de Jean Quenard d\u00e9c\u00e8de le 4 mars 1901 \u00e0 94 ans au ch\u00e2teau de la Jacquemini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Andr\u00e9 Paul Becquerel qui h\u00e9rite de la Jacquemini\u00e8re. On le retrouve dans l\u2019annuaire des ch\u00e2teaux et des d\u00e9partements 1898-1899 (Gallica). Cet annuaire donne la Jacquemini\u00e8re comme seule adresse d\u2019Andr\u00e9 Paul Becquerel. Il \u00e9pouse en 1899 Cl\u00e9mentine D\u00e9sir\u00e9e Souchet, reconnaissant de ce fait deux enfants&nbsp;: Paul n\u00e9 en 1879 et Jacques Andr\u00e9 Maurice n\u00e9 en 1889. C\u2019est \u00e0 celui-ci que reviendra le ch\u00e2teau de la Jacquemini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En 1936, La Jacquemini\u00e8re appartient encore \u00e0 la famille Becquerel. Les habitants sont Th\u00e9odore Gouget, jardinier, sa femme Marie Broutin et leurs quatre fils (recensement AD 45 vue 39). Le propri\u00e9taire est Jacques Andr\u00e9 Maurice Becquerel (1889 \u2013 1969), fils d\u2019Andr\u00e9 Paul, grade de chevalier du m\u00e9rite agricole JO 19 ao\u00fbt 1923, agriculteur \u00e0 Courtenay. Par ailleurs, il est not\u00e9 appartenir au Grand Orient de France le 22 ao\u00fbt 1941, avocat \u00e0 Paris (JO 22\/8\/1941). Maurice Becquerel meurt \u00e0 Paris le 18 septembre 1969, mari\u00e9 sans enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1969, une partie des terres qui entourent le ch\u00e2teau est vendue par monsieur Fran\u00e7ois Javey, alors propri\u00e9taire du domaine, pour construire un lotissement pr\u00e9vu initialement pour 1050 habitations secondaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le propri\u00e9taire actuel du ch\u00e2teau de la Jacquemini\u00e8re est Mr Pierre Javey son fils n\u00e9 en 1940.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"944\" height=\"623\" src=\"http:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/cadastre-Jacqueminiere.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-165\" srcset=\"https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/cadastre-Jacqueminiere.jpg 944w, https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/cadastre-Jacqueminiere-300x198.jpg 300w, https:\/\/patrimoine.ipsylon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/cadastre-Jacqueminiere-768x507.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 944px) 100vw, 944px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Plan cadastral de la Jacquemini\u00e8re (<a href=\"https:\/\/www.cadastre.gouv.fr\/\">https:\/\/www.cadastre.gouv.fr\/<\/a>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le domaine de la Jacquemini\u00e8re, de plus de 300 hectares de terres et de bois, avec de nombreux \u00e9tangs, forme avec celui de Vaulxfins la limite sud du territoire de Courtenay. 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